Une nuisance sonore de pompe à chaleur ne se manifeste pas toujours de la même manière.
Chez certains occupants, le problème ressemble à un souffle provenant directement de l’unité extérieure.
Chez d’autres, il s’agit plutôt d’un bourdonnement grave entendu dans une chambre.
Dans certaines maisons, la gêne apparaît seulement la nuit.
Dans d’autres, elle dépend du régime de fonctionnement de la pompe.
Ces différences sont importantes.
Elles permettent souvent de comprendre si le problème vient surtout du bruit transmis dans l’air ou de vibrations qui se propagent à travers les conduites et la structure du bâtiment.
Avant de chercher une solution, il est donc utile d’observer précisément quand, où et comment la nuisance apparaît.
Toutes les nuisances sonores ne viennent pas du même phénomène
Lorsqu’une pompe à chaleur est considérée comme bruyante, plusieurs types de transmission peuvent être impliqués.
Le premier est le bruit aérien.
Il s’agit du son qui se déplace directement dans l’air.
Il peut provenir notamment :
du ventilateur ;
du déplacement de l’air ;
du compresseur ;
de certains bruits mécaniques de fonctionnement.
Ce type de bruit est généralement plus perceptible près de l’unité extérieure.
Le deuxième phénomène est le bruit structurel.
Dans ce cas, la nuisance commence par une vibration mécanique.
La vibration peut passer dans :
les raccordements ;
les conduites ;
les colliers ;
les murs ;
les sols ;
les plafonds.
Elle devient ensuite audible dans une autre partie du bâtiment.
Cette différence est essentielle, car les deux problèmes ne se traitent pas de la même manière.
Premier indice : où le bruit est-il le plus fort ?
La localisation du bruit donne déjà beaucoup d’informations.
Si le bruit est nettement plus fort lorsqu’on se tient directement à côté de la pompe à chaleur, il peut s’agir principalement de bruit aérien.
Mais si l’unité extérieure semble relativement calme alors qu’un bourdonnement devient très perceptible à l’intérieur, il faut envisager un autre chemin de transmission.
Par exemple :
pompe à chaleur → conduite → fixation → mur → chambre
Dans ce scénario, la pièce où le bruit est le plus fort n’est pas forcément proche de la véritable source mécanique.
Deuxième indice : la gêne change-t-elle entre le jour et la nuit ?
De nombreuses nuisances sont signalées surtout pendant la nuit.
Cela ne signifie pas nécessairement que la pompe à chaleur devient soudainement beaucoup plus bruyante.
La nuit, le niveau sonore général diminue.
Il y a moins :
de circulation ;
de conversations ;
de télévision ;
d’activité domestique ;
de bruits extérieurs.
Un son grave qui passe presque inaperçu en journée peut donc devenir très présent dans une chambre silencieuse.
Mais il existe également un deuxième facteur.
Lorsque la température extérieure baisse, la pompe peut travailler dans une autre plage de puissance.
Cela peut modifier les vibrations générées par le compresseur.
La nuisance nocturne peut donc résulter à la fois d’un environnement plus calme et d’un régime différent de fonctionnement.
Troisième indice : le bruit est-il constant ou intermittent ?
Une nuisance sonore constante ne raconte pas la même histoire qu’un bruit qui apparaît uniquement pendant quelques minutes.
Si le problème se produit seulement :
au démarrage ;
lors d’une montée en puissance ;
pendant la production d’eau chaude ;
lors de certaines températures extérieures ;
à une puissance intermédiaire ;
il peut exister un lien entre la fréquence de vibration du compresseur et un élément sensible de l’installation.
Cette observation est particulièrement utile.
Elle permet de comprendre que le problème n’est pas toujours lié au volume sonore général de la pompe.
Pourquoi certaines fréquences sont plus gênantes que d’autres
Une conduite, une paroi ou une fixation possède son propre comportement mécanique.
Une fréquence peut provoquer très peu de réaction.
Une autre peut au contraire faire vibrer davantage le même élément.
C’est le principe de la résonance.
Une pompe à chaleur qui fonctionne à vitesse variable peut donc présenter un comportement surprenant :
faible puissance : peu de gêne ;
puissance moyenne : bourdonnement marqué ;
forte puissance : bruit à nouveau plus faible.
Cela semble illogique si l’on regarde uniquement la puissance.
Mais du point de vue vibratoire, cela peut être parfaitement cohérent.
Quatrième indice : le bruit semble-t-il sortir d’un mur ?
C’est l’un des signes les plus intéressants.
Un occupant peut avoir l’impression que le bruit vient directement :
d’un mur ;
du plafond ;
du sol ;
d’une cloison.
En réalité, cette surface peut simplement être le dernier maillon du trajet.
Une conduite transporte la vibration.
Une fixation la transmet au mur.
Le mur possède une grande surface.
Il transforme alors une petite vibration mécanique en son audible.
La paroi devient donc le diffuseur du bruit sans être la source d’origine.
Les conduites peuvent devenir un chemin mécanique
Les conduites de chauffage ont d’abord une fonction hydraulique.
Mais elles créent également une liaison physique entre la pompe à chaleur et le bâtiment.
Lorsqu’elles sont installées de manière très rigide, elles peuvent transporter une partie des vibrations de la machine.
Le phénomène peut suivre plusieurs étapes :
pompe → raccordement → tuyau → support → structure
À chaque étape, une partie de l’énergie mécanique peut continuer son chemin.
C’est pourquoi une nuisance sonore peut apparaître bien plus loin que la pompe elle-même.
La connexion directe à la pompe est une zone stratégique
Les premiers centimètres du raccordement se trouvent au plus près de la source de vibration.
Si une connexion très rigide transmet une grande partie du mouvement au réseau, la vibration devra ensuite être gérée par tout le reste de l’installation.
À l’inverse, une connexion conçue pour absorber davantage de mouvement peut réduire l’énergie mécanique introduite dans les conduites.
Torgen Switzerland propose notamment un système de découplage de pompe à chaleur destiné à limiter la transmission des vibrations et des nuisances sonores vers les conduites et le bâtiment.
Le principe FunkFlex combine deux compensateurs à double soufflet avec un coude en caoutchouc à 90° afin d’absorber différents mouvements mécaniques.
Pourquoi plusieurs directions de mouvement doivent être considérées
Les vibrations ne se déplacent pas uniquement dans une direction.
Une pompe à chaleur peut produire des mouvements :
horizontaux ;
verticaux ;
transversaux ;
angulaires.
Les conduites subissent également des variations liées à la température.
Elles se dilatent lorsqu’elles chauffent et se contractent lorsqu’elles refroidissent.
Un système de découplage doit donc tenir compte de cette combinaison de mouvements.
La géométrie de l’installation compte autant que le simple fait d’ajouter un composant flexible.
Les fixations peuvent recréer une liaison rigide
Supposons que la vibration soit correctement réduite juste après la pompe.
Le problème peut malgré tout réapparaître plus loin.
Une conduite rencontre ensuite une fixation.
Cette fixation relie mécaniquement le tuyau au bâtiment.
Si suffisamment de vibration subsiste, une partie peut être transmise au mur.
C’est pourquoi les points de fixation méritent une attention particulière, notamment :
près de la pompe ;
près d’un passage de mur ;
près des chambres ;
sur des cloisons légères ;
sous des plafonds sensibles.
La traversée de mur est une autre zone importante
Les conduites doivent généralement pénétrer dans le bâtiment.
Cette traversée peut devenir un point de transmission si le tuyau reste en contact rigide avec la structure.
La vibration arrive par la conduite.
Elle atteint la maçonnerie.
Puis elle peut se répartir dans le bâtiment.
Le bruit final peut apparaître ailleurs.
C’est pour cette raison qu’une chambre éloignée peut être plus gênante qu’un local situé juste à côté de la pompe.
Quand une protection acoustique extérieure est-elle réellement utile ?
Une protection acoustique extérieure peut être intéressante lorsque la nuisance
